
Salah Al Hamdani, poète et écrivain de langue française et arabe, est né à Bagdad en 1951.
Issue d'une famille modeste originaire du sud de l'Irak et dont les habitants sont réputés pour la douceur de leur caractère, ne l’envoie pas à l’école. Il exerce différents métiers dès l’âge de 7 ans pour aider une famille de neuf enfants. Engagé à 17 ans dans l’armée irakienne sans diplôme, simplement pour continuer à gagner sa vie, il se positionne rapidement contre la dictature, libère quelques bergers kurdes en cachette et se retrouve en prison politique où il est torturé par les militaires du parti Baas. Mais c’est aussi en prison qu’il commence à lire et à écrire à l’âge de 20 ans, au contact de nombreux intellectuels de gauche, de chiites et de nationalistes cultivés, eux-mêmes prisonniers.
Après avoir purgé sa peine, toujours persécuté et menacé de mort par le régime bassiste d’Irak, il est contraint de s’exiler et choisit la France à l’âge de 23 ans en raison de son admiration pour Camus.
Sa vie en France est une succession d’évènements des plus improbables pour le gosse devenu commando des mauvais quartiers de Bagdad (racontés dans le livre Le cimetière des oiseaux, Editions de l’Aube, 2003). Quatre ans après son arrivée, il est comédien et se trouve propulsé sur la scène de Chaillot dans le rôle d’Enkidou (Gilgamesh). Suit une carrière de comédien, acteur et metteur en scène. Mais il continue à écrire.
Sa poésie toujours engagée, se construit d’abord autour du thème de l’exil, de la tyrannie, faisant sans cesse référence aux hommes de la terre qu’il a du quitter et à ses sentiments, sans se départir d’images fortes et d’un impressionnisme décalé qualifié parfois indûment de surréalisme (Gorges bédouines, Les hauts matins, Au dessus de la table un ciel, Mémoire de braise, L’arrogance des jours, J’ai vu). S’y infiltre ensuite le thème de l’amour et de la destinée (Ce qu’il reste de lumière, Au large de douleur) chemin qui le mène vers une poésie plus concise nourrie de sagesse chère à l’orient (Bagdad mon amour).
L’irruption de l’attaque anglo-américaine de l’Irak en 2003 débouche sur une série de poèmes existentiels à nouveau tourmentés (Poèmes avant le retour), puis, à l’occasion de son premier voyage à Bagdad en 2004 après trente années d’exil, de 20 poèmes d’une grande nostalgie où les personnage de la mère, de la ville et de la femme aimée se croisent et redeviennent centraux : (Poèmes de Bagdad), diptyque qui s’assemble dans le recueil le plus récent, Bagdad à ciel ouvert, publié en coédition aux Ecrits des forges (Canada) et à l’Idée bleue (France) en 2006.
Un roman poétique, Le retour à Bagdad, (Ed Les points sur les i, 2006) raconte aussi le surprenant passage clandestin de l’exilé à la frontière syro irakienne et le bouleversement de l’âme dans les retrouvailles avec la mère et la ville qui lui ont tant manqué
.
BIBLIOGRAPHIE
DEJA PARUS
Poésie en langue française :
Le Doute, Caractères, Paris, 1992
Ce qu’il reste de lumière, L’Harmattan, Paris, 1999
Au large de Douleur, L’Harmattan, Paris, 2000
Bagdad mon amour in Le cimetière des oiseaux, L’Aube, France, 2003
Poèmes de Bagdad, livre d’art (français arabe) avec Danielle Loisel peintre, Signum, Paris, 2005
Bagdad à ciel ouvert, Ecrits des Forges et L'idée bleue, Québec, 2006Poésie en langue arabe :
Promesse d’athéisme, Al Noqta n°11, Paris, 1983
Fugitif de ma bouche n° 1, Publications Craies, Paris, 1984
Fugitif de ma bouche n° 2, Publications Craies, Paris, 1984
Le nécrologue d’Ourouk, Publications Craies, Paris, 1986
Dans la sécheresse l’eau, Publications Craies, Bruxelles, 1993
Le Haut des jours, Al Mada, Damas-Syrie, 1996
J’ai vu, Maouakf, Alep-Syrie, 1997Poésie traduite de l’arabe :
Gorges bédouines, Le Cherche Midi, Paris, 1979
Les Hauts Matins, L’Escalier blanc, Paris, 1981
Mémoire d’eau, Caractères, Paris, 1983
Traces, éd. Spéciales, Paris, 1985
Au-dessus de la Table, un Ciel, L’Harmattan, Paris, 1988 et 2001
Mémoire de braise, L’Harmattan, Paris, 1993
L’Arrogance des jours, L’Harmattan, Paris, 1997
J’ai vu, L’Harmattan, Paris, 2001
Nouvelles et récits en arabe :
Une vie entre parenthèses, Al Mada, Damas-Syrie, 2000
Nouvelles ou récits en français (dont textes traduits de l’arabe):
Le cimetière des oiseaux, suivi de la Traversée, L’Aube, France, 2003
Le retour à Bagdad, Les points sur les i, France, 2006
Traduction d’autres auteurs de l’arabe en français :
Muniam Alfaker, Divergence, Publ. Lejadif, Paris, 1988
Muniam Alfaker, Nuage sur le départ, L’Harmattan, Paris, 1993
Collaboration à l’écriture de dialogues :
Film Bagdad on/off de Saad Salman, Vent du Sud, 2002.
A PARAITRE EN 2008
Bagdad mon amour, (poèmes et récits en anglais par Sonia Alland), Curbstone Press, USA.
Bagdad mon amour, (poèmes), réédition Ecrits des Forges, Québec et L'idée Bleue, Paris.
Le retour à Bagdad (récit traduit en Allemand) Ed. Lisan, Switzerland.
Pays là-bas (poèmes), livre d’art (bilingue français Espagnol) avec Danielle Loisel peintre, Ed. Signum.
En tournage : un film sur Salah Al Hamdani, par Emmanuelle Lagrange, cinéaste.